Psaume 91

De quoi ce psaume promet-il exactement de nous protéger — et de quoi ne le promet-il pas ?

Le Psaume 91 est l'un des grands psaumes de protection de la Bible. Il dépeint celui qui fait du Très-Haut son abri, promet la délivrance du piège et de la peste, l'absence de peur nuit et jour, des anges chargés de sa garde, et s'achève sur la voix de Dieu lui-même promettant secours, présence dans la détresse et longue vie.

Psaume 91 · Louis Segond 1910 Celui qui demeure sous l’abri du Très-Haut Repose à l’ombre du Tout-Puissant. Je dis à l’Éternel: Mon refuge et ma forteresse, Mon Dieu en qui je me confie! Car c’est lui qui te délivre du filet de l’oiseleur, De la peste et de ses ravages. Il te couvrira de ses plumes, Et tu trouveras un refuge sous ses ailes; Sa fidélité est un bouclier et une cuirasse. Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit, Ni la flèche qui vole de jour, Ni la peste qui marche dans les ténèbres, Ni la contagion qui frappe en plein midi. Que mille tombent à ton côté, Et dix mille à ta droite, Tu ne seras pas atteint; De tes yeux seulement tu regarderas, Et tu verras la rétribution des méchants. Car tu es mon refuge, ô Éternel! Tu fais du Très-Haut ta retraite. Aucun malheur ne t’arrivera, Aucun fléau n’approchera de ta tente. Car il ordonnera à ses anges De te garder dans toutes tes voies; Ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre. Tu marcheras sur le lion et sur l’aspic, Tu fouleras le lionceau et le dragon. Puisqu’il m’aime, je le délivrerai; Je le protégerai, puisqu’il connaît mon nom. Il m’invoquera, et je lui répondrai; Je serai avec lui dans la détresse, Je le délivrerai et je le glorifierai. Je le rassasierai de longs jours, Et je lui ferai voir mon salut.

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D'où vient ce texte

Le Psaume 91 nous parvient sans titre, et sa paternité se discute depuis l'Antiquité : certains anciens étaient d'avis que Moïse en fut le rédacteur, rapporte Matthew Henry, le commentateur anglais du début du XVIIIe siècle, qui juge pourtant David l'auteur le plus probable. Henry est plus sûr de la substance du psaume que de sa signature. Ce que dit le psalmiste, insiste-t-il, est la parole de Dieu, et ce sur quoi nous pouvons nous appuyer. Son plan des promesses se lit comme les clauses d'une alliance : ceux qui font du Très-Haut leur refuge sont pris sous le soin particulier du Ciel, délivrés des puissances des ténèbres, préservés de manière distincte au milieu de la calamité générale; ils seront la charge des saints anges; et, dans les derniers versets où Dieu parle lui-même, ils seront les favoris particuliers de Dieu lui-même. Que sa première voix ait été celle de Moïse au désert ou celle de David au temps d'une peste, rien dans le psaume, pour Henry, ne dépend de la réponse.

Les questions que posent les lecteurs

  1. Qui a écrit le psaume 91 ?

    Nul ne le sait avec certitude — le psaume n'a pas de titre. Des interprètes anciens ont proposé Moïse, en étendant l'attribution du psaume 90; Matthew Henry examine les arguments et juge David plus probable. Cette incertitude n'a jamais beaucoup troublé ses lecteurs : les promesses du psaume se présentent comme la parole de Dieu même, et c'est là que réside leur autorité.

  2. Que signifie « demeurer sous l'abri du Très-Haut » ?

    C'est une manière de vivre, non un lieu. Matthew Henry définit les bénéficiaires du psaume comme ceux qui font du Très-Haut leur habitation — des gens pour qui Dieu n'est pas un recours occasionnel mais une adresse permanente. Demeurer sous l'abri du Très-Haut, c'est revenir à Dieu aussi instinctivement qu'on rentre chez soi, et y rester.

  3. Le psaume 91 garantit-il qu'aucun malheur ne m'arrivera jamais ?

    Pas comme nous pourrions le souhaiter. Matthew Henry lit la promesse avec réalisme : l'affliction peut encore survenir, mais pour celui qui se confie en Dieu, elle viendra, non pour ton malheur, mais pour ton bien. Ce que le psaume exclut, ce n'est pas la douleur, c'est la ruine — le mal qui aurait le dernier mot. La protection est plus profonde que les circonstances, et c'est précisément pourquoi elle peut être promise.

  4. Pourquoi le diable a-t-il cité le psaume 91 pour tenter Jésus ?

    Lors de la tentation au désert, le diable a cité la promesse des anges pour pousser Jésus à se jeter du haut du temple. Matthew Henry souligne la limite interne de la promesse : les anges gardent les fidèles dans leurs voies, et ceux qui sortent de cette voie se placent hors de la protection de Dieu. Tordre une promesse en défi, c'est exactement la manière de quitter son abri — c'est pourquoi Jésus a répondu par une autre Écriture, sur la tentation de Dieu.

  5. Comment prier le psaume 91 ?

    Commencez où le psaume commence : dites à Dieu, avec vos propres mots, qu'il est votre refuge et votre forteresse. Puis priez à travers ses images avec vos peurs réelles en main — la nuit, l'épidémie, la violence, l'invisible. Terminez en écoutant : les trois derniers versets sont la réponse de Dieu. Priez-le matin ou soir, seul ou sur quelqu'un que vous aimez; la fréquence compte moins que l'honnêteté.

  6. Le psaume 91 parle-t-il du Christ ?

    Beaucoup de lecteurs l'ont pensé. Matthew Henry consigne cette tradition : beaucoup pensent que c'est au Christ, comme Médiateur, que ces promesses appartiennent d'abord. Les Évangiles resserrent le lien — le diable a cité ce psaume même à Jésus — et la lecture chrétienne voit depuis longtemps ses promesses accomplies en lui et étendues, par lui, aux croyants. Le psaume n'en est pas moins personnel; il l'est à une profondeur plus grande.

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